Les métiers de la statistique, pour les filles comme pour les garçons !

Pauline Buffard, 34 ans, est statisticienne* à l’Insee, institut national de la statistique et des études économiques. Elle est cheffe de projet en action régionale. L’Insee collecte, produit, analyse et diffuse des informations sur l’économie et la société françaises. Entretien.

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Pauline Buffard, 34 ans, est statisticienne* à l’Insee, institut national de la statistique et des études économiques. Elle est cheffe de projet en action régionale. L’Insee collecte, produit, analyse et diffuse des informations sur l’économie et la société françaises. Entretien.

Des études scientifiques

Après mon bac S, j’ai fait une classe préparatoire Cachan D2 au lycée Mermoz de Montpellier, puis une école d’ingénieurs, l’ENSAI, filière publique, qui est l’École nationale de la statistique et de l’analyse de l’information. Mes premiers postes ont été à Paris.

Une grande mobilité

Être statisticien à l’Insee, c’est avoir une obligation de mobilité fonctionnelle tous les 3 à 5 ans, ce qui permet d’avoir vraiment un cursus très varié. Ça m’a permis de faire mon premier poste à l’éducation nationale au ministère à Paris, puis j’ai travaillé au ministère du travail, à la direction générale de l’Insee à Paris, à l’Agence régionale de santé du Languedoc-Roussillon et ici à l’Insee Montpellier.

Un même métier, mais à travers différentes thématiques

Les enquêtes, les sondages, les études sont le cœur de mon métier. C’est vraiment un grand plus, parce qu’on part du principe qu’on est assez compétent techniquement et que notre savoir-faire peut se transposer de thématique en thématique. Dans l’investissement et l’implication de soi, c’est très enrichissant ! Ça nous permet d’avoir un parcours très varié et de pouvoir faire des choses très différentes sans avoir peur de les appréhender.

Un métier de chiffres au caractère social

J’ai plutôt choisi des postes dans des domaines sociaux, comme la santé, la démographie. Ici à l’Insee, on travaille beaucoup sur le recensement de la population.

Je travaille beaucoup avec des partenaires extérieurs, les directions régionales d’État, les collectivités territoriales et je pilote des chargés d’études qui réalisent les projets avec moi. Sur mon poste précédent, j’encadrais 5 personnes : j’ai appris le management sur le tas !

C’est le chargé d’études qui manipule et qui exploite les données et moi je l’oriente sur l’exploration de ces données, celles à exploiter davantage… C’est un vrai travail d’équipe !

En plus, à chaque étude on fait une conférence de presse. Nos études sont donc reprises par les journalistes. C’est l’ouverture au monde !

Des compétences acquises tout au long de la scolarité

À l’école, j’ai fait beaucoup de maths, à l’ENSAI également. Il faut aimer les maths, la macro et la micro-économétrie appliquées soit à des données économiques, soit à des données sociales. C’est vraiment l’application des mathématiques à la vie de tous les jours. Malheureusement, on ne voit pas forcément dès le lycée, quand on résout des équations, que le Y peut représenter les revenus, le X les personnes, etc. Nous qui utilisons les chiffres, on sait que derrière ces équations, ce sont des variables dans lesquelles le X peut représenter l’âge… Et ça, on ne le voit que quand on rentre à l’école d’ingénieurs, avec des cas pratiques.

La nouveauté, la technologie ne nous font pas peur, c’est un des bienfaits de nos études scientifiques. Le fait de réussir des choses compliquées nous a donné confiance en nous. On arrive à créer de l’information grâce à nos recherches scientifiques. C’est ça qui est satisfaisant, fouiller des données et découvrir des faits marquants. Ce côté recherche que l’on retrouve dans de nombreux métiers scientifiques est très satisfaisant.

Les filles sont aussi douées que les garçons en maths !

Dans les écoles de l’Insee, il y a 50 % de filles ! Ces mathématiques peuvent être appliquées à des faits sociaux. La filière économie de la santé par exemple, à la sortie de l’école d’ingénieurs, attire aussi beaucoup de filles. Il faut mettre l’accent sur l’utilisation des chiffres et à quoi ça sert. En plus à l’école d’ingénieurs, j’ai choisi la filière publique car c’est ce côté service public qui m’intéressait.

La statistique, ça donne du sens !

Nos données du recensement servent à orienter la création d’écoles, de pharmacies, orienter les politiques publiques sur les infrastructures qui nous servent au quotidien. Pour de nombreux aspects, à travers les chiffres, on a une palette de métiers très variés !

Actuellement, nous travaillons beaucoup sur la nouvelle région ; on réalise de nombreux panoramas, des diagnostics et projections de populations. Nous éclairons les élus sur les diagnostics des SCOT, schéma de Cohérence Territoriale, l’arrivée de nouvelles populations, donc sur la construction de nouvelles écoles, l’adaptation des infrastructures… Si ce sont des familles avec enfants qui viennent s’installer ici ou là, il n’y aura pas les mêmes besoins que pour des retraités… Les SCOT donnent des informations aux élus sur par exemple les sorties d’autoroute, des lotissements, des écoles, des pharmacies à construire… des choses à anticiper ! On se sent utile !

On travaille aussi beaucoup sur l’emploi public et privé, le tourisme, les équipements sportifs… C’est très varié et stimulant ! Dernière étude, sur les équipements sportifs, on a regardé la projection de population, les équipements installés et les besoins des nouvelles populations. Cette étude a un côté social, on a travaillé sur tous les bassins de vie. On a identifié les territoires carencés en équipements.

On ne fait pas que des camemberts !

Pour faire un camembert ou un histogramme, il y a énormément de données à traiter et c’est notre rôle de vulgariser et rendre accessibles toutes ces informations qui sont issues de grosses bases de données avec des milliers d’enregistrements.

Statistique et informatique : indissociables !

On est très tourné vers l’informatique. C’est notre cerveau numéro 2 ! On travaille sur un tableur, mais aussi des logiciels de statistiques.

Pauline a adoré sa classe préparatoire Cachan D2 : « il y a vraiment une ouverture d’esprit dans cette prépa ; on comprend ce qu’on étudie. En plus, je voulais faire de l’économie qui nous explique la société dans laquelle on vit ».

Retrouvez ci-dessous les 4 derniers travaux que Pauline a réalisés en 2015, en tant que chef de projet en action régionale. Elle pilote ce type de travaux en partenariat avec des acteurs publics (directions régionales, collectivités locales….) afin de les éclairer pour leurs décisions politiques :

Dossier sur les équipements sportifs qui a permis de mieux connaitre les besoins en équipements sportifs (bassin de natation, terrains de grands jeux….) des populations présentes et futures.

Diagnostic de territoire et projection de population, ces études permettent de mieux connaitre le territoire : population, emploi, précarité…

Étude sur la vulnérabilité énergétique pour qualifier les territoires où des opérations d’amélioration de l’habitat doivent être entreprises :

* Le grade, dans la fonction publique est Attachée statisticienne de l’Insee. L’Insee dépend du ministère des finances.

Lire

Le magazine Onisep Plus n°36 consacré aux chiffres.

Les métiers de la statistique, collection Zoom sur les métiers Onisep.

Lycéens, parents et équipes éducatives, consultez ce guide en ligne grâce à la Région Languedoc-Roussillon, sur votre ENT > onglet Services > Biblionisep.

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Voir la vidéo de Coline, post-doctorante en biomatériaux médecine régénérative

Post-doctorante à l’Institut des Biomolécules Max Mousseron (Université de Montpellier – CNRS) à Montpellier, Coline effectue des recherches sur de nouvelles prothèses intelligentes. Passionnée de sciences, elle aide à faire naître des vocations auprès des lycéennes et étudiantes au sein de l’association Femmes & Sciences. Une vidéo Onisep LR-MP

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