Deux façons différentes d’apprendre un métier

Apprentissage et voie scolaire constituent  deux parcours possibles pour se former professionnellement.

Or, parce qu’ils répondent tous deux aux mêmes référentiels de compétences et donnent accès aux mêmes diplômes, il convient, pour un choix éclairé d’en connaitre les caractéristiques et spécificités.

L’apprentissage est une formation par alternance (alternance des périodes travaillées en entreprise et des périodes en centre de formation scolaire).

Le centre de formation scolaire pour les apprentis en vue de l’obtention d’un diplôme est le CFA. Si l’on choisit plutôt  la voie scolaire pour préparer un même diplôme, cela se fait alors en lycée professionnel.

L’apprentissage exige déjà une certaine maturité et de l’autonomie car il constitue une entrée dans le monde professionnel. Il ne convient pas à tous les élèves et il faut bien choisir cette voie en fonction de son profil et de sa personnalité. En effet, c’est une voie exigeante qui demande à la fois de jongler entre les études et le travail sur le terrain et  de ce fait, vous aurez moins de temps pour préparer votre diplôme que si vous étiez en lycée professionnel. Cependant, il peut très bien convenir à des élèves qui ont vraiment envie de quitter le système scolaire et qui se sentiront plus à l’aise dans le monde du travail.

Attention ! Il est parfois difficile de trouver une entreprise d’accueil, surtout qu’à l’heure actuelle, avec la crise économique,  beaucoup moins d’entreprises peuvent accueillir un apprenti.

Conseil après la classe de 3éme : même si vous préférez faire une formation par alternance,  vous avez le droit de faire des vœux pour faire la même formation par voie scolaire en lycée professionnel. Ainsi si vous ne trouvez pas d’entreprise d’accueil, vous aurez au moins la possibilité d’effectuer votre formation par voie scolaire et si vous trouvez une entreprise d’accueil, vous aurez le choix entre faire votre formation par apprentissage ou au LP par voie scolaire.

En savoir plus sur l’apprentissage.

Le témoignage de Marie Rouxel qui, après avoir passé un CAP et Bac pro dans le secteur de la mécanique,  par voie scolaire, suit actuellement  une formation par apprentissage à l’Esma (école supérieure des métiers de l’aéronautique) en vue de l’obtention d’un bac pro en  maintenance aéronautique.

«Si c’était à refaire, je choisirais sans hésiter la voie de l’alternance car j’ai beaucoup souffert du manque de pratique :    les périodes en entreprise nous permettent d’assimiler plus facilement les matières enseignées et surtout nous apprennent à nous responsabiliser! »

En outre  « l’apprentissage est financièrement intéressant : non seulement nous n’avons pas à payer les frais d’inscription mais en plus nous touchons un salaire !»

L’apprenti a en effet le statut de salarié. A ce titre, il ne dispose pas des vacances scolaires mais de 5 semaines de congés payés par an. C’est pourquoi, « le rythme de ma formation par alternance – 2 mois à l’école / 2 mois en entreprise  – est particulièrement  soutenu et réclame  un lourd investissement personnel »  souligne Marie « Mais en ce qui me concerne, l’aéronautique est une véritable passion  et je préfère 100 fois effectuer des vols en hélico avec mon employeur  que de profiter des  vacances  scolaires! ».

Enfin et contrairement aux idées reçues, sachez qu’une formation par apprentissage ne cantonne pas l’apprenti à un métier, surtout quand on va plus loin que le CAP mais offre, au même titre qu’une formation par voie scolaire, de nombreuses perspectives telles que la poursuite d’études supérieures. « Je ne sais pas encore ce que je ferai une fois mon bac pro en poche » explique Marie Rouxel « j’étudierai bien  évidemment les propositions de mon employeur actuel mais  une chose est sure, je n’envisage pas de rester mécanicienne toute ma vie : passer chef d’équipe, faire une formation de pilote, m’orienter vers l’aérospatiale ou encore intégrer l’armée  sont autant d’options que j’envisage.  Ma seule certitude : si je poursuis mes études, dans le cadre d’un BTS par exemple, j’opterai pour une formation par apprentissage car je ne conçois absolument pas de réintégrer la voie classique ».